Le Donator
La référence méditerranéenne. Un cargo mythique aux volumes spectaculaires et aux gorgones impressionnantes.
Le seul navire de la Marine nationale décoré de l'ordre des Compagnons de la Libération. Un sous-marin héros de guerre qui repose à 41 mètres au large du Cap Camarat.
Plonger sur le Rubis, c'est plonger sur un monument de la Résistance française. Ce sous-marin mouilleur de mines a coulé 18 bâtiments ennemis, refusé de se saborder à Toulon, traversé des champs de mines pour rentrer à la base. Et il repose aujourd'hui, fièrement, à 41 mètres sur un fond de sable blanc — accessible dès le Niveau 2.
La silhouette du Rubis se découpe clairement sur le sable. En 60 mètres de long, l'épave livre encore ses secrets aux plongeurs attentifs : barres de plongée, 16 puits de mines, tubes lance-torpilles avant et arrière, massif avec ses deux périscopes, bouteilles d'air sur le pont supérieur, gouvernail à la poupe. Une véritable chasse au trésor historique.
« C'est avec des hommes comme l'équipage du Rubis, que nous referons la France. »
Des éléments distinctifs sont encore exceptionnellement bien conservés. À vous de les retrouver.
Les tubes lance-torpilles avant sont encore identifiables sur l'épave. C'est avec ces armes que le lieutenant Rousselot coula ce pétrolier de 4 500 tonnes dans les fjords norvégiens, faisant vibrer le Rubis tout entier.
8 puits de chaque côté, pouvant contenir chacun 2 mines superposées — soit 32 mines au total. Ce dispositif intérieur était la signature du mouilleur de mines classe Saphir et l'arme principale du Rubis pendant toute la guerre.
Le massif conserve ses deux périscopes — l'un de veille, l'autre d'attaque. C'est à travers l'un d'eux que Rousselot repéra le convoi allemand avant de donner l'ordre de tir qui manqua de couler son propre navire.
Les grandes bouteilles d'air (ressemblant à des B50 massives) sont encore visibles sur le pont supérieur à la poupe. Les barres de plongée — safrans horizontaux avant et arrière — permettaient au Rubis de plonger et remonter à volonté dans les eaux ennemies.
Le gouvernail à la poupe est encore visible. Les tubes lance-torpilles arrière complètent l'armement du sous-marin. C'est à la sortie d'un tube arrière que la torpille coincée manqua de provoquer une catastrophe dans les fjords norvégiens.
Chez Aqualonde, quand nous partons sur Cavalaire, le Rubis est la plongée de l'après-midi — la plongée "pépère" de la journée. Le matin, la plongée profonde se passe sur le Togo. Un programme parfait pour combiner profondeur et émotion historique.
Digne d'un scénario hollywoodien — mais chaque mot est vrai.
Mis en service le 4 avril 1933, le Rubis est désigné en avril 1940 pour renforcer les Britanniques. À la capitulation de la France, l'ordre lui est donné de rentrer à Toulon. Le commandant Cabanier refuse. Il met la décision au vote de ses 52 hommes d'équipage. Ils refusent tous. Unanimement. C'est l'acte de bravoure fondateur d'un navire qui deviendra le seul de la Marine nationale décoré de l'ordre des Compagnons de la Libération.
Depuis Dundee en Écosse, les missions s'enchaînent en mer du Nord et mer Baltique. Le Rubis coule 18 bâtiments ennemis et en endommage deux — dont un U-boot allemand, exploit unique pour un sous-marin français. L'amiral Horton de la Royal Navy lui adresse un télégramme saluant le mouillage de la 500e mine, qualifiant son travail de "valeur exceptionnelle".
En août 1941, Rousselot repère un pétrolier de 4 500 tonnes dans les fjords norvégiens. Il tire. La torpille arrière reste coincée dans le tube. Il tire deux nouvelles torpilles. Le pétrolier explose. Le Rubis, à 350 m au lieu des 800 réglementaires, est violemment touché. Il s'enfonce dans le sable. Coincé. Rousselot donne les machines à fond, d'avant en arrière. Inlassablement. Le Rubis finit par s'échapper — avec 55° de pointe. Les 140 packs de batteries lâchent sous le choc. Les moteurs sont morts. À 2 milles de la côte ennemie, les électriciens couplent 30 batteries à la main. Un diesel repart. Le Rubis se faufile entre deux mines pour rentrer à la base. À quatre nœuds. Mais il rentre.
Condamné en 1949, le Rubis végète dans l'arsenal de Toulon. L'amiral Cabanier refuse de voir sa coque livrée aux ferrailleurs. Il décide de le couler au large du Cap Camarat. Le 31 janvier 1958, un fort vent d'est se lève, le câble de remorquage se rompt. Tant pis — il est coulé là, à 2 600 mètres du Cap. L'endroit exact reste secret car son épave sert de terrain d'entraînement aux démineurs. Ses deux commandants — devenus amiraux — et son cuisinier ont leurs cendres répandues au-dessus de lui. Ils sont ensemble, pour toujours.
Le fanion pirate du Rubis portait les marques de toutes ses victoires : 11 navires de commerce coulés (bandes blanches), 9 navires de guerre (bandes rouges), 3 navires coulés à la torpille, 22 missions de mouillage, une dague pour la mission d'agent de renseignement. Le Rubis était le seul sous-marin français à arborer ce fanion — tradition réservée aux sous-marins anglais victorieux, que la Royal Navy lui offrit en reconnaissance.
Compagnon de la Libération
Le seul navire à recevoir cette distinction
Ce qu'il faut savoir avant de plonger sur le Rubis.
Partez découvrir ce site avec nos moniteurs expérimentés.
Un monument de la Résistance française à 41 mètres de fond. Une plongée que l'on ne fait pas juste pour voir un sous-marin — mais pour rendre hommage.
De Porquerolles à Port-Cros, explorez d’autres épaves emblématiques de Méditerranée.